28 décembre 2011 | aucun message
Après le travail, je la rejoignais sur son lit de méduses. Elle brassait une sieste dont on la tirait par les manches. Ses jambes ne tenaient plus le large, je me penchais pour en sentir le lourd sang, joues creuses sur varices ondulées, force 6. Les aide-soignantes nous surprenaient parfois, elle, débordant mes cheveux ; moi, cherchant sur ses mollets la calle qui me manquait. Depuis, nos belles heures ont coulé. Quand le sel fait remonter les noyés que j’aimais, si je flotte encore par leurs cartes déroulées, séchées par l’attente, les jambes de Marthe me poussent. Je me dresse alors et commande aux vagues. Je vis, je rame, je suis l’amputé surpris par la greffe. Je m’appelle Léonce. J’ai l’âge d’écrire, maintenant.