17 mai 2012 | aucun message

Très tôt, comme un nid fait son camp, nous en venons aux larmes. Vers six heures, Willy me guête au pied du lit et grogne. J’ouvre les yeux, je fouille mon corps éventré et mes mains cherchent Henriette qui ne reviendra pas. Au signal de ma gorge, Willy grimpe sur le lit et se glisse sous les draps ; son museau me déterre, Bats-toi, Cours au front, Rebondis sur les mines. Pour nous faire plaisir, je me lève. J’ouvre les volets. Willy m’encourage, Tu vas gagner la bataille, Règle tes pas sur ma troupe animale, qui vibre sans imploser, à mille lieux des hommes. Mais en parcourant le jardin dont l’herbe ne sera plus coupée, en pliant le linge froissé qui déguisera ma peau brûlée, je sais qu’il faudra, casque aux bleus, signer la douche froide et déposer les larmes.