Le printemps suivant
19 juillet 2008 | 2 commentaires
Mon front tenait tête à ses cheveux, ils apprenaient le vent. Ma bouche a couru son sourire jusqu’au dernier mot d’un dictionnaire français trouvé dans une armoire, bière que les Egyptiens faisaient avec de l’orge germée. Mon coeur s’est retourné sur son parfum, mes mains ont tracé sa voie blanche. Mes seins appelaient sa peau et sa peau accourait, fidèle en siestes, souple en descente. Mon cou mettait le couvert pour ses lèvres prêtes. Mon ventre chantait sa cadence d’enfant. Mon dos fut le départ de son souffle prêté, quand il nous cueillait l’abandon. Mes jambes ont volé sous l’éclat de ses hanches - j’ai aimé tout cela. Mon corps est une histoire, la poursuite d’un chat noir. Il a gardé ses reflets, sa vitesse, ses milles chasses. Privé d’histoire, mon esprit a suivi, maladroit sur ses pattes. Je dois à ces deux-là de m’avoir captivée ; à ce garçon, d’en avoir accru, sans tricher, la mise. A comparer, ma prison n’est rien : une ligne par gamelle, une image par barreau, et l’or fait l’innocent.