Ce matin, un lapin
27 août 2005 | Un commentaire
"La forêt vit aussi longtemps qu’elle fonctionne. Qui se trouve en présence d’une telle forêt ne se demande pas si cela a un sens, d’une part que les loups mangent les chevreuils et, d’autre part, que les chevreuils mangent les feuilles ; il constate simplement que la forêt existe et qu’elle est verte - et manifestement cela suffit. Je veux là aussi marquer mon accord avec la façon de voir de Wilhelm Reich, selon laquelle la vie n’a nul besoin d’avoir un sens et il suffit que la vie fonctionne. Ou, en d’autres termes : ce n’est pas en fonction de ce qu’on désigne couramment par le mot "sens" que l’observateur de la forêt en question trouve bien que celle-ci fonctionnne. Je crois plutôt que qui si l’on trouve bien que la forêt fonctionne, c’est parce que ce serait un "malheur" si elle ne fonctionnait plus. J’en conclus : ce qui ne fonctionne pas est un malheur ; ce qui fonctionne est un bonheur. Ou, inversement : le bonheur, c’est ce qui fonctionne."
Fritz Zorn, Mars
Les choses n’ont nul besoin d’un sens, elles ont leur propre sens. Se tenir sur le seuil en silence et respecter ce sens qui nous échappe. Merci pour ce beau texte :)