J’étais là
18 février 2007 | 5 commentaire
On livre des fleurs ce matin, maman aura du mal à les lire, mais nous sommes impatients autour de la table. Léonce montre l’enveloppe, maman court se laver les mains pour ne pas salir les mots qui, chez nous, ne se font plus depuis bien des silences. Nous attendons tout bas. Je respire une enfant sur deux. Puis le visage gercé de maman coule entre ses doigts qui déchiffrent les mots de papa au premier câlin de papier, Je suis heureux de vivre à la ferme avec toi. Léonce applaudit, monte sur le banc, chante Elles sont très belles ces roses, vite un vase. Nous débarrassons la table, nous jetons aux chiens les miettes que nous sommes en moins grands. Je sors chaque rose pour bâtir un bouquet qui nous ressemble. Sur nos épines à la place des pétales, maman souffle Vous voyez, papa est gentil. C’est la Saint Valentin, maman ne sait pas sur quelle femme danser, Léonce frotte un clin d’oeil contre moi, son secret dit Tu vois, imiter l’écriture de papa, ce n’était pas sorcier.
bouleversant…
Hier en descendant du train, je parlais à Madeleine du bleuduciel parce que je lui avais fait écouter la ballade de Ladybird. Et ce matin, je reviens, et je suis très content. Il y a du soleil et tout va bien.
Quelle surprise !
Un jour, quand j’étais petit, du temps où je voulais encore marier maman, je suis entré de l’école et elle pleurait. Un vingt septembre. Pourquoi ? Parce que ton père a oublié que c’est notre anniversaire de mariage. J’ai cassé mon petit cochon et suis sorti sur le champ trouver un présent ; un petit chandelier que je lui ai offert.
J’étais là, a fait ressurgir ce souvenir.
Une confusion plus lumineuse, plus limpide qu’une fontaine au soleil.
Comme une magie dans ce langage nouveau.
Bonjour, le meilleur du site où je n’ai pas renouv ellé mon abonnement, est de vous avoir rencontré et votre “bleu du ciel ” donc. Ces roses parfument, elles doivent être poivrées, font naître une brume bien proche d’une larme, est-ce bête !
Charles