Oh les beaux jours

23 mars 2007 | 3 commentaire

L’hiver nous provoque, craché par le bois dont le feu ne veut plus. Nos bêtes souffrent et nous manquons de lait - j’en oublie l’école par trop de sang caillé. Depuis que je n’apprends plus, je fais des rêves de glace, de gerçure, de crevasse que le froid comble à coups de flocons lâches. Je sursaute, je crie, me voilà assise dans une marre de craintes tandis que les bêtes hurlent. Je prie pour Caramel. Je prie pour Joséphine. Je prie pour Jeanne. Puis je me rendors avec une histoire que Léonce a laissée sous l’oreiller - je suis la belle au frère dormant. A quatre heures, maman se lèvera en regrettant de ne pas être notre fille, ses pas dans la cuisine seront notre consolation, notre supplique arrondie. Maman parlera aux bêtes et j’attendrai qu’un sol nouveau me tienne. Bâti par le vent sur une page ouverte, plus doux qu’une parole, plus long que notre silence, il me dira si je me trompe, si je suis folle ou si j’ai raison de plier bagages à chaque fois que j’espère.

3 commentaires

  1. Grégoire a ecrit le 23 mar 2007 a 20:48 :

    Touché, une fois de plus.

  2. Marie a ecrit le 28 mar 2007 a 4:22 :

    `la belle au frère dormant’ comme un baume apaisant `ne pas être notre fille’ et croiser un regard.

  3. Azure-Te a ecrit le 29 mar 2007 a 2:46 :

    Tu es folle et tu as raison