Rafael, derniers jours

10 avril 2007 | Un commentaire

Au village court le bruit qu’on se cherche en parlant, que l’on gagne ses larmes en lâchant prise, à la condition de partir pour la ville et de payer en souvenirs. Chaque mercredi, le frère d’Etienne, qui ne veut plus manger, prend le train avec sa tortue Jeanne, plus rapide que la solitude. Rue de Rome, une femme ouvre la porte et le frère d’Etienne s’allonge sur un divan pour apprendre le goût d’avoir un cartable et des amis comme nous. La maman d’Etienne dit Kévin va mieux depuis qu’il va là-bas, Quand il a fait ses pleurs, il accepte un yaourt, On dirait qu’il me sourit, que je suis son enfant. Bientôt, comme le frère d’Etienne, je m’allongerai sur un divan - la fée au-dessus de moi s’impatiente mais j’ai la carapace encore tendre. Sur mon divan, il y aura le silence laissé dans ma chambre pour ne blesser personne, un silence dont je ferai mes écailles si le mal veut bien partager. Elles seront de glaise pour trouver ma boue juste, le premier de mes soucis, mon calme devoir de terre promise, ma tortue de Floride habituée des crocodiles.

Un commentaire

  1. pluies a ecrit le 16 avr 2007 a 13:29 :

    il y a du très beau au coin de tes mots.