Les volets verts
29 avril 2007 | Aucun commentaire
Les excuses et les mains de papa sur mes joues me laissent sans le souffle, pauvre d’impuissance et de départ pour Baltimore tout proche, dont Florent eut le projet dans mon cou, sous l’arbre à souhaits. C’était notre séjour durant la saison sèche, notre blé coupé, nos bêtes, nos fourrages ; c’est à présent ma retraite avant la bataille, ma colère privée d’escale, fille d’exil et de rêve. Pour l’heure, je veille maman jour et nuit sans baisser les murmures. A l’hôpital, je cache sous mes habits le dernier de nos cabris, maladroit sur ses pattes. J’approche des lèvres de maman cette vie nouvelle - qui sait si la couronne logée dans nos ventres fuira sans réclamer sa part. Maman ouvre péniblement les yeux et nous supplie. Comme elle, je sais où ces tuyaux nous mènent. Je ne pensais pourtant pas perdre maman si vite, tandis que mon corps commence juste à frémir et que ses robes me vont comme une fable, à quelques garçons près.