Laisse-moi prendre tes bagages

24 mai 2007 | 3 commentaire

“Ecrire n’est pas un travail très sérieux. Un individu adulte consacre des centaines ou des milliers d’heures de sa vie à se raconter des histoires. Pour autant, il ne pense jamais que ce qu’il fait puisse être nécessaire à qui que ce soit. Très souvent, il s’enfonce dans le marais du doute : pourquoi, à quoi bon ? Il peut vivre des mois en se posant ces questions, des mois durant lesquels il n’écrit pas. Mais ensuite il reviendra à cette occupation, à ce travail dépourvu de sens et d’explication, que personne n’exige de lui ni ne lui demande. On écrit parce qu’il manque un livre. Parce qu’on croit qu’il manque un livre. Cela, je ne le savais pas quand j’ai commencé à écrire. La notion du “livre manquant” est indispensable pour se mettre à écrire. Car si on ne croit pas que quelqu’un doit écrire ce livre qui n’existe pas, à quoi bon l’écrire ?”

Carlos Liscano, L’éternelle nostalgie du livre manquant

3 commentaires

  1. Sylvia a ecrit le 25 mai 2007 a 19:00 :

    Il faut vous convaincre aussi qu’il manquerait quelque chose si ce site n’existait pas. Même si vous vous faites rare, vous êtes précieux.

  2. Grégoire a ecrit le 27 mai 2007 a 14:08 :

    Je suis d’accord avec Sylvia. Les mots d’ici ont une grande valeur.

  3. kitty78 a ecrit le 4 juin 2007 a 16:44 :

    La nostalgie du livre manquant… Oui, bien sûr… C’est marrant commen une fois évoquée, cette idée parraît évidente.