Pile-poil

2 octobre 2004 | Aucun commentaire

Ils me rassurent, je les rencontre en premier, avant la peau elle-même, là où je promène mes mains et fais courir mes lèvres. Ils sont d’une douceur moirée, doux rappel de ses yeux, ombre endormie de son visage. Me perdre dedans, pleuvoir dessus, en sentir le brûlant quand il va un peu plus vite et qu’une goutte de sueur en chasse une autre, drainée par l’arrondi de soi. Lorsque je l’ai rencontré, ils dépassaient discrètement de son col - et les miens se sont dressés, j’avais rendez-vous avec le vent. Plus tard, je l’ai entouré de mes bras, j’ai approché ma joue, mes cheveux les ont rejoints. Et nous n’étions plus qu’une fôret trouble, jaillie de son torse ouvert. Sans eux, je l’aurais aimé tout autant, mais ils m’auraient certainement manqué.