Qui frémissaient très haut
21 octobre 2007 | Aucun commentaire
“Toute ma vie a changé après avoir lu ce livre, lui dis-je. La chambre, la maison, le monde où je vivais, ont cessé d’être ma chambre, ma maison, mon univers ; je me suis retrouvé sans feu ni lieu, perdu dans un univers qui m’était étranger. Ce livre, tu le tenais à la main quand je l’ai vu pour la première fois, tu dois donc l’avoir lu, toi aussi. Parle-moi de l’univers où tu es allée et d’où tu es revenue. Dis-moi ce que je dois faire pour y accéder. Explique-moi pourquoi nous sommes encore ici. Dis-moi comment ce monde nouveau peut m’être aussi familier que ma propre maison, alors que ma maison m’est devenue aussi étrangère que ce monde nouveau. Explique-moi.”
Orhan Pamuk, La vie nouvelle