Un chant sous la terre
26 janvier 2008 | Un commentaire
Sur la peau de Florent passe l’automne. Nous y tenons saisons, à l’abri du voyage accompli. Je reçois de Myriam une lettre glissée sous la porte, dont le timbre a volé comme une roulade heureuse, dans l’herbe fauchée. Myriam écrit La vue de Léonce baisse de jour en jour, il règle à présent son sommeil sur le pas des bêtes en route vers l’étable. C’est comme si ton frère calé sur la lune avait perdu le goût du soir. Je pose la lettre sur la table. Je m’enferme dans les toilettes et je m’étouffe dans la mémoire vomie : l’avoine est versée, la traite commence, les cous se bousculent, le lait tombe, Léonce demande à se coucher, maman n’a plus de cœur à l’ouvrage, les épaules ont pris la poutre.
Cher Bleu du Ciel, réglez donc votre sommeil sur le pas des bêtes et sur votre peau où passe l’hiver, arrivent le printemps et toute l’herbe fauchée. Bonne nuit.