Ils ne trouvèrent pas en moi
27 avril 2008 | 2 commentaire
Avant ma rencontre avec Florent, ma rencontre avec Iban. Je suis dans la grande maison suisse des parents de Myriam. Je brûle à l’idée de rejoindre mon amie. Maman me conduira à la gare, Myriam m’attendra sur le quai. Dans le train, je joue avec les battements de mon coeur, car j’aperçois les Alpes. Je porte un livre que notre institutrice nous a offert pour nous féliciter, mon frère et moi, d’avoir appris à lire en regardant les insectes. Ce livre raconte la garde-robe d’une faiseuse de miracles, mon pays disparaît derrière la vitre. Chaque jour, je laisse Myriam à ses amis qui m’intimident avec leur bonheur, je marche sur les galets. L’eau dormante m’est nouvelle, je m’assieds sur un banc, je sens le monde ôter ses béquilles et le lac me parler comme si je flottais. Sur l’autre banc, un jeune homme me regarde. Je le regarde aussi, nous nous sourions : mes belles vacances. Un mardi, il s’approche de moi, il dit Je n’habite pas ici, je m’appelle Iban, je repars demain au Mexique, j’aimerais t’embrasser avant de quitter la France. Je réponds D’accord ; je suis heureuse qu’un garçon vienne me parler. Iban passe sa main sur mes joues, je penche un peu la tête et lui offre ma veine - Iban m’embrasse, je suis blanche du buisson jusqu’à l’apparition. Puis il glisse son bracelet dans ma poche, il court et disparaît derrière l’hôtel de ville. Je reste seule face au lac. Je n’arrive pas à jeter le bracelet à l’eau. Mon coeur est plein d’amis qui tombent.
les faiseuses de miracles n’ont plus la cote, qu’importe si le blanc simplifie tout… Le noir aussi, d’ailleurs.
Oh, le Mexique…